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Ancienne ville de Hoi An


 Hoi An, l'ancienne cité de FaiFo, est située sur la rivière Thu Bon à une trentaine de kilomètres au Sud de Danang. Il s’agit certainement d’une de plus plaisante bourgade du Vietnam, à la croisée des influences étrangères.

Autrefois située sur les routes maritimes de la soie, Hoi An connut son expansion à partir du XVe siècle, lorsque de grands commerçants y installèrent des comptoirs. A son apogée, Hoi An, contem­poraine de Macao et de Melaka, constituait une étape incontournable pour les marchands hollandais, portugais, chinois, japo­nais et autres. De là, les bateaux partaient commercer avec toutes les villes du Viet­nam, voire la Thaïlande et l'Indonésie. Ces riches marchands construirent également d’élégantes maisons tout en bois. Au fil des décennies, tous les styles architecturaux se mêlèrent pour donner un cachet unique à Hoi An, cité aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. 844 bâtiments ont été répertoriés pour leur intérêt historique et architectural.

Certaines toitures sont recouvertes de milliers de tuiles concaves et convexes, style "ying yang", ce symbole se retrouve sur les portes des maisons et ainsi protége ses habitants. L'un des monument les plus intéressants est le pont Japonais couvert, construit en 1593 pour relier les communautés Chinoises et Japonaises. Chaque extrémité est gardée par un couple de chiens et de singes. Le port, depuis qu'il s'est ensablé, a cédé sa place à Danang à la fin du XIXe siècle. Il n'est plus fréquenté que par des sampans…

La "nuit légendaire de Hoi An" se déroule le 14e jour de chaque mois lunaire (mois de la pleine lune). A l'occasion de cette fête très pittoresque, on organise des dégustations de gastronomie traditionnelle, des spectacles de musique et de danse et des jeux le Iong des rues du centre-ville éclairées à la lueur des lanternes.

 L’histoire de Hoi An
Des fragments de céramique datant de plus de deux millénaires ont été récemment découverts à Hoi An. Ces tessons attestent de l'occupa­tion de la cité sous la civilisation Sa Huynh, apparentée à la culture Dong du Nord du Vietnam, remontant à la fin de l'âge de fer.

Située au centre du royaume du Champa, la cité fut édifiée à l’époque de la construction de la capitale cham de Simhapura (Tra Kieu), ainsi que les temples d'Indrapura (Dong Duong) et de My Son. Plusieurs documents perses et arabes de la fin de cette époque, décrivent Hoi An comme une ville au port très animé. Plusieurs vestiges cham dont des fondations de tours, furent également mis à jour dans les environs proches.

En 1307, le roi cham épousa la fille d'un monarque de la dynastie Tran et fit don aux Vietnamiens de la province de Quang Nam. A sa mort, son successeur contesta la légi­timité de ce présent et entreprit de récupérer la province. Pendant plus d'un siècle, la région fut en proie au chaos, jusqu’à ce qu’au XVe siècle, la paix revenue, le com­merce redevint florissant.

Les quatre siècles suivants, des commerçants de tous horizons, Chi­nois, Japonais, Hollandais, Portugais, Espa­gnols, Indiens, Philippins, Thaïlandais, Français, Anglais et Américains… vinrent y remplir leurs soutes de soie, d’étoffes, de thé, de noix d’arec, de sucre, de papier, de porcelaine, de poivre, de plantes médicinales chinoises, d’ivoire, de laque et de nacre.

Les commerçants embarquèrent avec eux des missionnaires, chargés de propager l’évangile. Ainsi, au XVe siècle débarqua le père Alexandre de Rhodes, inventeur de l’écriture quoc ngu, qui latinisait la calligra­phie de la langue vietnamienne.

La révolte des Tay Son fut cependant fatale à la cité, qui fut rasée pour être reconstruite dans les années 1770 et 1780. Hoi An retrouva son lustre d’antan en même temps que son statut de grand port commerçant jus­qu'à la fin du XIXe siècle. L'en­sablement du fleuve Thu Bon (Cai), qui relie Hoi An à la mer, finit cependant par porter un coup fatal à l’activité portuaire, qui progressivement fut déplacée vers Danang.
Le Pont couvert japonais
Le pont japonnais (Cau Nhat Ban) fut construit en 1593 par la communauté japonaise de Hoi An, pour relier le quartier japonais et le quartier chi­nois, situé sur l'autre rive. Apparemment conçu pour résister aux séismes, phénomènes particulièrement redoutés au Japon, il présente une orne­mentation assez fidèle au style nippon, qui contraste dans sa sobriété avec le luxe des décorations vietnamiennes et chinoises.

Un petit temple de Chua Cau est installé dans sa partie nord. Selon la légende, un monstre appelé Cu de taille gigantesque, sa tête reposait en Inde, sa queue au Japon et son corps au Vietnam, provoquait à chacun de ses mouvements, inondations et tremblements de terre. Le pont fut érigé à l’emplacement même du "talon d'Achille" de la bête infernale. Plus tard, la bête mise à mort, la population locale aurait construit ce temple à sa mémoire.

Si les Français entreprirent d’aplanir la chaussée pour permettre son franchissement par les véhicules, il retrouva sa forme convexe originelle à la suite de grands travaux de rénovation réalisés en 1986. Les accès sont gardés d'un côté par un couple de singes et de l'autre, par deux chiens. Vraisemblablement, la présence de ces sentinelles sera justifiée par la durée des travaux de construction, qui aurait débuté l'année du Singe pour s'achever l'année du Chien.
Lieux de culte
Temple Quan Cong

Le temple chinois Quan Cong, également appelé Chua Ong, a été fondé en 1653 en l’honneur de Quan Cong. On y découvre sa statue de papier sur une âme de bois, trônant sur l'autel central, au fond du sanctuaire. D’un côté, à gauche, se tient la statue du général Chau Xuong, protecteur de Quan Cong, dans une pose avantageuse; de l’autre, Quan Binh, un mandarin administratif. Un cheval blanc grandeur nature rappelle la monture de Quan Cong.

Des stèles de pierre, aux murs, dresse la liste des mécènes qui financèrent la construction puis la rénovation du temple. Autre élément appartenant à la mythologie chinoise, des carpes ornent les toits, symbolisant la patience.

Chapelle de la famille Truong (Nha Tho Toc Truong)

La chapelle de la famille Truong (Nha Tho Toc Truong) fut fondée il y a deux siècles, en l’honneur des ancêtres d'origine chinoise de la famille Truong. On y découvre quantité de plaques commémoratives offertes par les empereurs vietnamiens, récompensant les loyaux services des fonctionnaires et mandarins issus de la famille. La chapelle est accessible par une petite allée jouxtant le 69 D Phan Chu Trinh.

Chapelle de la famille Tran

Située 21 D Le Loi, cette chapelle ancienne de deux siècles est vouée aux ancêtres. L'édifice qui mêle les influences chinoise et japonaise, fut financé dans sa construction par la famille chinoise Tran, arrivée au Vietnam début du date XVIIIe siècle. Sur l'autel, des coffrets en bois renferment les tablettes en pierre des ancêtres, ornées d’idéogrammes chinois.

Portique de la pagode Ba Mu

Ce sont les derniers vestiges de la pagode Ba Mu, fondée en 1628 et détruite par les autorités sud-vietnamiennes dans les années 1960. Un bâtiment scolaire de trois étages la remplace. Entre les deux entrées, des fruits ornent le mur. L'entrée se situe face au 68 D Phan Chu Trinh.

Pagode caodai

Située entre le 64 et le 70 D Huynh Thuc Khang, elle fut édifiée pour la communauté caodaïste de la ville, installée pour l’essentiel le long du chemin menant aux tombes japonaises. Un seul prêtre y vit, cultivant son jardin.

Église de Hoi An

C’est à cet endroit, dans la cour, que les Européens de Hoi An furent mis en sépulture. Les dépouilles de plusieurs missionnaires du XVIIIè siècle y furent transférées lors de la reconstruction d’une église moderne, en remplacement d’une plus ancienne. Elle se situe à l'intersection de D Nguyen Truong To et de D Le Hong Phong.

Pagode Chuc Thanh

Cette pagode est la plus ancienne de Hoi An. Fondée en 1454 par Minh Hai, un bonze originaire de Chine, elle abrite des objets rituels : des cloches, un gong de pierre vieux de 200 ans et un gong de bois en forme de carpe, encore plus ancien. Aujourd'hui, plusieurs bonzes âgés habitent dans la pagode.

Un bouddha A Di Da, accompagné de deux Thich Ca, trône sur l'estrade centrale, sous un plafond en bois, face à la statue d'un jeune bouddha Thich Ca entouré de ses serviteurs. Dans le sanctuaire principal, des caractères chinois ornent une poutre rouge.

Pagode Phuoc Lam

Érigée au milieu du XVIIe siècle, la pagode Phuoc Lam fut dirigée par An Thiem, un bonze vietnamien qui se voua à la vie monastique dès l'âge de 8 ans. Une décennie plus tard, l'empereur menacé de rébellion, le fit général avant qu’il ne retourne à la vie religieuse, à la fin de la guerre. Faisant pénitence de ses crimes de guerre, il nettoya le marché de Hoi An pendant vingt ans, et fut nommé à la tête de la pagode Phuoc Lam, cette période expiatoire terminée.
Les Maisons communes
Maison commune de la congrégation chinoise de Canton

Fondée en 1786, au 176 D Tran Phu, on peut y voir un grand autel dédié à Quan Cong, entouré d'éventails de cuivre au long manche, ainsi que de superbes sculptures sur les colonnes en bois de jaquier et sur les poutres ; un linteau, des montants de la porte principale et des colonnes réalisés dans un même bloc de granit.

Maison des congrégations chinoises (Chua Ba)

Maison des congrégations chinoises (Chua Ba) a été fondée en 1773, pour recevoir les congrégations chinoises Fujian, Canton, Hainan, Chaozhou et Hakka. On retrouve dans la cour princi­pale des éléments typiques de l'architecture française du XIXe siècle. L'entrée principale du bâtiment se trouve dans D Tran Phu, en face de D Hoang Van Thu. Toutefois, on ne peut y accéder que par l'arrière, par le 31 D Phan Chu Trinh.

Maison commune de la congrégation chinoise du Fujian

Initialement édifiée pour permettre les rassemblements de la com­munauté, elle fut transformée en temple voué au culte de Thien Hau, divi­nité née dans la province de Fujian. Sur le mur à droite, près de l'entrée, Thien Hau traverse une mer démontée pour porter secours à un bateau en détresse. De l’autre côté, on distingue les chefs des six familles qui vinrent s'installer à Hoi An, après la chute de la dynastie Ming. La statue de la déesse domine l'avant-dernière salle, tandis que Thuan Phong Nhi, à la peau rouge, et Thien Ly Nhan à la peau verte, veillent pour repérer les navires en détresse, et en avertir Thien Hau.

Dans le dernier pavillon, l'autel central abrite les statuettes des six chefs de famille, et de plus petites, placées en dessous à l’effigie de leurs successeurs à la tête du clan. Sous une petite cloche en verre, on distingue une autre statuette, celle de Le Huu Trac, un médecin vietnamien aussi célèbre au Vietnam qu'en Chine.

Derrière l'autel, à gauche, se tient le dieu de la Prospérité, et à droite les trois fées et douze sages-femmes, symbolisant à eux tous les principaux éléments de la vie : l'ascendance, la descendance et le bien-être matériel. A droite de la cour, l'autel central rend hommage aux anciens chefs de la congrégation chinoise.

La maison commune de la congrégation chinoise du Fujian se trouve face au 35 D Tran Phu.

Maison commune de la congrégation chinoise de Hainan

Construite en 1883, elle fut dédiée à la mémoire des 108 mar­chands de Hainan accusés à tort de pirate­rie et exécutés dans la province de Quang Nam, sous le règne de l'empereur Tu Duc. On trouve, sur les estrades richement ornées, des plaques commémoratives. En face de l'autel central, on peut admirer une sculpture de bois finement dorée, repré­sentant une scène de la cour chinoise.

La maison commune de la congrégation de Hainan donne dans D Tran Phu, près de D Hoang Dieu.

Maison commune de la congrégation chinoise de Chaozhou

Les Chinois originaires de Chaorhou construisirent maison commune en 1776. Les poutres en bois, les murs et les autels sont finement sculptés. Face à l'autel, sur les portes, vous pourrez admirer deux Chinoises coiffées à la japonaise.
 L'architecture de Hoi An
Miraculeusement épargnée par la guerre, la plupart des édifices en bois de la ville sont antérieurs au XIXe siècle. On a ainsi recensé dans la ville plus de 800 édifices historiques, clas­sés selon neuf catégories : maisons et boutiques, puits, chapelles privées dédiées au culte d'un ancêtre, pagodes, temples vietnamiens et chinois, ponts, bâtiments publics, maisons communes des congrégations chinoises, et tombes vietnamiennes, chinoises ou japonaises.

Bon nombre de bâtiments anciens ont conservé des particularités architecturales, parmi lesquelles certaines devantures de magasins; certains toits constitués de tuiles de couleur brique de formes concave et convexe, appelées am et duong (yin et yang) ; des portes surmontées du symbole du yin et du yang entouré d'une spirale, pour protéger les habitants…

Outre les règles édictées par les autorités pour préserver la cité, dont la fermeture du centre à la circulation, la conservation des monuments est appuyée par l'Institut archéologique de Hanoi, de l'association pour l'amitié Japon-Vietnam, pour ne citer que ceux-là



Patrimoines mondiaux - Ancienne ville de Hoi An - Secret du Vietnam

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Ancienne ville de Hoi An - Secret du Vietnam

Adresse : No 1, rue Hang Buom, Hoan Kiem district, Hanoï
Téléphone : (84-4)22152153, (84-4)39263143
Fax : +84.43.9263143
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